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La ntcham, le son qui vient des prisons de Libreville

Par Music Gaboma · 18 août 2026

Il y a quelques années encore, personne à Libreville n'aurait parié sur ce nom. Aujourd'hui, la ntcham — parfois écrite « tcham » — fait vibrer les enceintes de tout le pays, des taxis aux boîtes de nuit.

Une origine carcérale assumée

Le genre puise ses racines dans des danses créées en milieu carcéral, à Libreville. Le mot lui-même viendrait du tolibangado, argot local, où il désigne une bagarre. De cette origine brute, la ntcham a gardé une énergie frontale et des textes qui racontent sans détour la réalité des quartiers populaires.

Un métissage précis

Musicalement, la ntcham fusionne le rap, l'afrobeat et des sonorités traditionnelles d'Afrique centrale — cithares, flûtes, cuivres — sur un tempo qui tourne autour de 120 battements par minute, à mi-chemin entre l'afrobeat et le dancehall accéléré.

De la marge au mainstream

Le genre doit une bonne partie de son rayonnement récent à des titres devenus viraux bien au-delà du Gabon : « Niamatos » de L'Oiseau Rare a dépassé le million de vues en trente-six heures sur YouTube, un record pour un clip gabonais. « Tchoukoudoukou » de General Itachi a, de son côté, lancé un défi de danse repris dans toute la sous-région.

Reste une part de controverse : les textes, souvent écrits en argot, sont régulièrement critiqués pour leur célébration de la violence ou de la débrouille illégale. Un débat que la scène elle-même n'esquive pas.

Les sons de la publication

Tchoukoudoukou

General Itachi